27 MAI 2021-

Le bijou made in France

Pourquoi on aime le bijou made in France ?



En plein renouveau, le bijou français met à l’honneur l’artisanat, le fait-main et un discours de plus en plus transparent. Petit guide des marques à suivre et des questions à poser pour ne pas se faire duper.

Environ 15 % des bijoux que nous achetons en France dans nos bijouteries ou en boutiques sont fabriqués chez nous (source : FIMIF - Fédération Indépendante du Made in France). Au regard de tout ce qui se vend et se fabrique, on peut dire que c’est peu. Mais, la bonne nouvelle, c’est que le bijou made in France a le vent en poupe !

PLUS DE PROXIMITE



Gisel B., Louise Damas, Bonanza, Atelier Paulin,Médecine Douce, Yay … Depuis quelques années, l’offre des marques qui revendique le fabriqué à la main en France connaît un joli renouveau. « Il y a un véritable regain d'intérêt pour le made in France en bijou, confirme Amandine Hesse, présidente de la FIMIF. Les consommateurs sont de plus en plus sensibles à la provenance de leurs achats, et le secteur des bijoux n'échappe pas à la règle. D'autant plus que les conditions de travail des métaux dans les pays du tiers monde ont été largement dénoncées ces dernières années du fait des problématiques de santé publique qu'elles induisent. »
De fait, venue de Chine, d’Inde, de Thaïlande ou de Madagascar, la plupart des bijoux que vous portez font en moyenne 2 700 km cavant d’être achetés chez nous. Alors, comment inverser la tendance ?


PLUS DE TRANSPARENCE



« Ce qui est compliqué dans le bijou, c’est qu’il n’y a pas d’étiquette comme sur un vêtement, explique Clémence Masson, créatrice de la marque de bijoux Gisèle B. Du coup, le consommateur doit forcément se fier au discours de la marque et celui-ci n’est pas toujours clair. Sans entrer dans le débat, je crois qu’aujourd’hui chacun se doit d’être transparent. Et plus que tout, la cliente ne doit pas hésiter à poser des questions. »

De fait, après le scandale autour de la marque Lou.Yetu, qui montre bien l’importance pour les marques digitales d’associer discours marketing et réalité des produits vendus, l’heure est à l’intégrité.
« Il est assez compliqué de tracer la fabrication d'un bijou puisque le marquage d'origine n'est pas obligatoire sur celui-ci, souligne la présidente de la FIMIF. Ainsi, les fabricants n'apposent une origine sur leurs bijoux que lorsque cette information est bénéfique pour sa commercialisation. On rencontre ainsi très peu de bijoux marqués d'une origine chinoise ou indienne par exemple. À l’inverse, il est possible pour les marques françaises de l'indiquer systématiquement sur la base du déclaratif, ce qui leur donne un vrai avantage. »
En tant que consommateur, pensez à demander : où sont fabriqués les produits, où se trouve l’atelier ? Mais également, d’où viennent les matières premières ?
« Il faut être vigilant aux mentions et allégations utilisées par certaines marques et leurs vendeurs, qui pourraient vous faire croire que les produits sont d'origine française alors que ce n'est pas forcément le cas, rappelle Amandine Hesse. C'est ce que nous appelons le Francolavage, et cela se traduit par l'utilisation de termes marketing tels que "conçu en France", “marque française", "imaginé en France", “entreprise française", “maison française", etc. Au final, c'est bien la production qui confère le caractère français au produit. Aussi, nous conseillons de bien chercher systématiquement la mention "Fabriqué en France" sur les produits dont on vous affirme qu'ils y sont fabriqués. Si elle n'y figure pas, méfiez-vous, c'est qu'il y a un loup ! »


PLUS D’HUMANITE



Chez Gisel B. par exemple, la créatrice met un point d’honneur à proposer sur son e-shop une fiche produit claire concernant les détails, composition et provenance pour chaque article. « L’origine de tous les matériaux est mentionné. Ainsi, toutes nos chaînes viennent d’Allemagne ou d’Espagne car ils font ça très bien, explique Clémence Masson, créatrice de Gisèle B. Seuls deux modèles de chaînes très grosses, proviennent d’Asie et c’est clairement mentionné. Boucles, anneaux, soudures sont faîtes à Paris pour les boucles d’oreilles, les perles naturelles viennent d’Asie, le plaquage est fait à Paris par des artisans… Je pense qu’aujourd’hui au de-là du made in France, il faut trouver un équilibre entre l’humain, la nature et l’économie française. Notre force est aussi de proposer un vrai service après-vente pour tous nos bijoux. Réparer un bijou, refaire une dorure, nous garantissons chaque pièce à vie. »
Un même souci du détail que l’on retrouve chez de nombreuses marques. Ainsi, Atelier Paulin a remis au goût du jour l’art de tordre le fil pour créer des lettres en continu. Des pièces faîtes à la main par des artisans parisiens spécialement formés pour maîtriser ce savoir-faire qui a fait le succès de la griffe.
Chez Louis Damas, on revendique des bijoux de qualité faits avec des matériaux soigneusement sélectionnés. « Tous nos bijoux sont en étain et laiton, dorés à l'or 24 carats. Un or pur qui, contrairement à l'or 18 carats, n'est pas coupé avec d'autres métaux. Nos matériaux sont tous sourcés en Europe et ne contiennent pas de plomb, de nickel ou de cadmium, des allergènes controversés pour leur impact sur la santé. Enfin, pour protéger la dorure du temps qui passe, et pour permettre de profiter de nos bijoux le plus longtemps possible, un vernis protecteur est appliqué sur tous après leur dorure », assure la marque.
Quant à Bonanza Paris, fondée en 2018 par Justine Valençon et Chloé Bechini, le parti pris a été de prendre le temps de choisir les ateliers avec qui la marque travaille pour respecter ses engagements : écologie, respect, naturel. Sans sous-traitance, chacun des partenaires français est à taille humaine, détient un savoir-faire et maîtrise les étapes de fabrication de A à Z.

« Dans les faits, les fabricants de bijoux ont bien compris cet attrait renouvelé pour le made in France, conclue Amandine Hesse de la FIMIF. Nombres de marques se lancent et embauchent, c'est une très bonne dynamique. »
Ainsi, en France, l’industrie du bijou fait vivre 7 140 salariés et compte 855 fabricants. Aidons la à faire croître cette tendance !

Par Céline Vautard