Matière d'Exception - La Maille

La Maille Mont St Michel


À l’ère de la fast fashion et de l’accélération du rythme des collections, sait-on encore comment est fait un pull en maille ? En quelle matière est-il réalisé ? Un vrai luxe qui mérite un éclairage.




L’environnement et le social
en toile de fond

« Je me souviens des pulls tricotés par ma grand mère que je portais quand j’étais enfant, raconte Charlotte Rivière, créatrice de la marque Charlotte Sometime. On les gardait longtemps, on les rapiéçait quand il y avait un accroc. J'aime ce rapport au vêtement, affectif – le tricot qui vieillit, qui se patine avec le temps, la matière qui se ramollit et qui devient un véritable doudou ! J'aime aussi la notion de temps dans le vêtement : de la réalisation, du choix du point, du motif – c'est donc tout naturellement que j'ai commencé à travailler la maille. » Cet amour de la matière guide la griffe parisienne qui, depuis 2008, travaille chaque hiver le 100 % laine permettant d’obtenir des teintes naturelles ; mais aussi les mélanges bio en alpaga et laine dont les coloris sont réalisés avec des teintures respectueuses de l’environnement. « Je propose de jolis basiques bien coupés ( gilets, pulls, tops ), mais aussi beaucoup d’accessoires ( bonnets, écharpes, mitaines ) », souligne t-elle.

La Maille Mont St Michel

Une certaine éthique qui caractérise de plus en plus de jeunes maisons pour qui la qualité est essentielle et la création, un engagement.

Ainsi, chez Valentine Gauthier, qui privilégie une fabrication française et de proximité, on aime les pullovers en 100% laine mérinos en hiver et depuis la première collection en 2007, on collabore avec des artisans et des façonniers haut de gamme pour la réalisation de toutes les lignes.

Tandis que totalement engagée, Misericordia ( première marque franco-péruvienne fondée par Aurelyen en 2003 ) mêle de front création artistique et engagement social. Au coeur des collections homme et femme, la maille en 100% coton ou alpaga multiplie les formes et les points et est entièrement fabriquée au Pérou (pays de coeur du parisien naturalisé depuis) dans les ateliers de la marque où aujourd’hui une quarantaine d’hommes et de femmes sont employés. « Pour créer un produit luxueux et durable, vous devez d’abord penser au sourcing, rappelle Aurelyen. Ici, les Péruviens se vêtissent de mailles en alpaga depuis des siècles. Avec près de 3,5 millions d’animaux dans le pays (près de 80% de la totalité mondiale), ils fournissent un revenu pour des milliers de familles andines. Le plus : la fibre est connue pour être un isolant thermique exceptionnel, être infroissable, bouloche peu et a une douceur remarquable. »





Chers savoir-faire

Autre argument de poids, le savoir-faire est aussi de plus en plus revendiqué. « J'ai été bercé tout petit au son des métiers à tricoter car mes parents étaient des fabricants de pulls », confie Alexandre Milan, créateur de la marque Le Mont St Michel. Ceci explique sans doute cela !


Fine Paris

Le tricot nécessite des connaissances qui se font rares de nos jours. Avec le Mont St Michel, l’idée est de faire revivre une culture textile aujourd’hui disparue, mais aussi de se projeter vers l’avenir en revisitant ce patrimoine. » Et d’ajouter qu’en ce moment : « ce sont les pulls qui ont la cote. » Textures travaillées, points anciens, acheter un produit de la marque c’est faire le choix d’un article réalisé en petite série et de façon artisanale. « Une grande partie de nos mailles provient directement des archives de ma famille. Elles ont été conçues dans les années 60/70 et 80 et nous les revisitons chaque saison. » Tantôt souple, épaisse, lisse ou mousseuse, c’est la maille qui donne le ton de la collection et insuffle le caractère à une silhouette. Un savoir-faire d’autant plus précieux.

« Faire le choix de cette matière, c'est effectivement plus coûteux que de produire du chaîne et trame, souligne Charlotte Rivière. Le tricot nécessite une étape en plus, celle que je préfère, qui est de choisir la trame ou le point et bien sûr, pour certaines pièces, le tricot à la main prend du temps, mais c’est ce qui fait son charme ! » Le choix des partenaires est donc essentiel et assure le résultat. « Je travaille avec trois ateliers : deux en France dont l’un dans la région de Troyes pour le jersey et l’autre dans la région de Roanne pour le tricot machine, poursuit Charlotte Rivière. Nous travaillons main dans la main depuis le début de la marque. Enfin, il y a aussi la Roumanie pour tout ce qui est tricot à la main. C’est un grand atelier qui ressemble plus à un atelier café-tricot qu'à une usine de textile ! »








Un luxe intemporel

Enfin, loin des tendances qui lassent, certaines maisons ont bien compris que l’intemporalité était une façon de consommer plus juste et de perdurer. La maille devient objet de luxe et adopte ses codes. Chez Fine Paris, si on privilégie les matières naturelles depuis les débuts de la marque en 2010, depuis peu, l’offre a même monté en gamme pour faire place au 100 % cachemire, mais aussi aux mélanges soiecachemire, laine-cachemire ou encore lin-cachemire (une première qui sera au coeur des collections printemps-été 2018). « J’ai grandi dans l’univers textile de la maille au sein de l’entreprise familiale, raconte Ugo Bensoussan, fondateur de Fine Paris. Quand j’ai lancé la marque, celle-ci est venue comme une évidence, une vraie envie de faire vivre ce savoir-faire. »


Majestic Filatures

Au coeur du vestiaire pre-fall 2017, la Parisienne voyage avec une garde-robe simple qu’elle peut emmener partout : tee-shirt bien coupé, jogging chic, marinière revisitée… « Le cachemire est traité de manière intemporelle et nous l’avons même décliné en kit de voyage avec un ensemble comprenant sweat à capuche, pantalon, plaid, oreiller et masque pour les yeux. Le compagnon idéal ! », plaisante Ugo Bensoussan.

On retrouve le même positionnement chez Majestic Filatures qui se revendique depuis 1989 comme le spécialiste du tee-shirt de luxe. « Nous traitons ce basique comme un vêtement noble, rappelle la griffe. Comme dans les maisons de couture, nous réalisons nos prototypes à la main, tandis que nous choisissons des fibres de qualité et naturelles (soie, coton, viscose, cachemire, lin, vigogne) pour un effet seconde peau. » Le must : les teintures restent artisanales et les mailles sont prélavées. Enfin, au cours de la mise en production, un organisme indépendant réalise de nombreux tests sur les produits (élongation, usure, réaction au lavage ou encore exposition à la lumière). Le nec plus ultra !





Les bonnes Astuces


Si le lavage à la main est souvent recommandé pour préserver la souplesse et la douceur,
le lavage en machine est possible mais sous certaines conditions.
Sinon optez pourle nettoyage à sec !


Les 5 astuces mailles










Publié par Céline Vautard
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