Lisa Gachet, une femme citron peu ordinaire !

Lisa Gachet n’est pas une fille ordinaire… Pas encore la trentaine mais déjà entrepreneuse à succès, Lisa c’est celle qu’on voudrait tous avoir comme amie. Super douée aussi bien en mode qu’en DIY ou en cuisine, Lisa rayonne sur une communauté de nombreux lecteurs avec son site Make my Lemonade. Parvenue à donner une aura cool aux travaux manuels, elle a fondé une véritable entreprise dont la réussite n’est plus à prouver. Entre site à succès, collaborations réussies et lancement de Wear Lemonade, sa propre marque de vêtements, Lisa Gachet est une chef d’entreprise aux multiples talents.


Rencontre haute en couleur !

Rencontre haute en couleur !

Nous retrouvons Lisa chez elle à l’occasion du shooting pour L'Exception. Nous découvrons un appartement parisien, fraîchement décoré par Lisa et son mari. Très fidèle à l’univers de son site Make My Lemonade, il est coloré… et citronné. A chaque fois que Lisa part en vacances, elle rapporte comme souvenir une bouteille de limonade, d’où la collection de limonades dans le meuble de son salon.


Car Lisa est un citron. C’est inscrit dans la signature de ses mails et c’est elle-même qui le dit : « Directrice artistique / chef d’entreprise et citron pressé. ». A bientôt trente ans, Lisa Gachet est à la tête d’un des blogs les plus lus en France.


Le bon ton

L’histoire remonte à Noël 2011. Pour la première fois, Lisa invite sa famille pour célébrer Noël et décide de faire les choses en grand. Cuisine, déco, invitations, elle veut tout réaliser elle-même. Elle décide de documenter les préparatifs de cette grande fête sur internet et ouvre son blog en février 2012. Dès le début, Lisa adopte un ton juste. Elle comprend que la recette du succès est de donner une dimension personnelle à son blog. Elle ose montrer son visage et le public s’identifie. C’est la recette du succès. « Je fais partie de la seconde génération de bloggeuses. Je lisais les blogs de la première génération (Pandora, Alix, Eleonore Bridge…) et je me suis rendue compte qu’il y avait une constante : toutes les photos étaient soignées. C’est la raison pour laquelle j’ai commencé : j’ai demandé un Reflex pour Noël cette année-là. ».


Avant le premier anniversaire de son site, elle quitte son job de l’époque pour se consacrer à plein-temps à cette activité. A 23 ans ! « Cela a été un concours de circonstance. J’ai eu une opportunité de freelance. J’y suis allée à ce moment-là ». Avec l’envie de moderniser cet univers, Lisa devient vite la reine du DIY (Do It Yourself) sur internet. Le timing est parfait, le phénomène des travaux manuels est en pleine expansion et Lisa surfe sur cette tendance. En compilant toutes les choses qu’elle aime sur son blog : cuisine, voyages, travaux manuels, Lisa pique même l’intérêt des marques. Les demandes de partenariat affluent, Lisa dirige des ateliers pour de grandes marques. Elle se fait d’ailleurs repérer par l’éditeur de livres Eyrolles qui lui propose de publier son propre livre. ‘Make My Party’, son livre de DIY de fête sort en 2013.


Le bon ton
“Je me suis dis, pourquoi pas moi ?“

“Je me suis dis, pourquoi pas moi ?“

Lisa n’aurait pas imaginé un tel succès. « Je ne savais pas trop dans quoi je m’engouffrais. Je me suis dit « pourquoi pas moi ». C’était une nouvelle façon de partager et c’était une voie dans laquelle je pouvais faire ce que je voulais. Je n’avais pas forcément de reconnaissance dans le travail que j’avais et c’était bien plus épanouissant. » Car Lisa a eu différents jobs avant d’ouvrir son blog. Après l’obtention de son bac STI, elle monte à Paris pour intégrer une licence de mode à la célèbre école de mode Duperré. Puis elle enchaîne des petits jobs avant d’entendre parler du poste d’assistante au studio homme d’Yves Saint Laurent. Elle y deviendra styliste bijou. Elle est également passionnée par la mode enfant. Elle crée pendant ses études la marque de mode enfantine Bandit Bambi avec une copine, ce qui l’aidera par la suite à décrocher le poste d’assistante DA chez Bonpoint. Très douée pour les travaux manuels et la customisation, elle pige également des articles DIY pour le magazine Muteen. Bien qu’elle ne s’épanouit pas dans sa vie pro autant qu’elle l’espère, elle reconnait que ses expériences l’ont formée à occuper le rôle qu’elle a aujourd’hui : « Les études et les stages m’ont beaucoup formé. On nous a appris à créer un vêtement jusqu’à l’étiquette et la scénographie du magasin. Mais c’est aussi beaucoup de curiosité. Quand j’ai envie de faire quelque chose, j’arrive à mes fins. »


Enthousiasme et transparence, les clefs de son succès :

Lisa enchaîne les projets entre Make My Lemonade, qu’elle voit comme un média et les collaborations avec différentes marques « Les collaborations sont des sources d’inspiration inépuisables. Se dire qu’on peut aller raconter des histoires avec des nouvelles contraintes, avec de nouvelles personnes. Je crois qu’on est plus créatif quand on a des collaborations. »


Elle monte le Studio Lemonade avec une petite équipe, fruit de différentes rencontres « Ça s’est fait assez naturellement. Je n’ai jamais forcé le destin. Ce n’est pas tant une question de compétences car je pense aujourd’hui qu’on peut se former sur beaucoup de sujets mais je préfère prendre des gens qui ont moins d’expérience mais avec qui j’ai un bon feeling et les faire grandir avec nous. On est un petit noyau bien soudé. ».


Ce qui plaît également au lectorat de Make My Lemonade, c’est la transparence de Lisa au sujet de sa marque, de ses partenariats mais également au sujet de l’entreprenariat.


Enthousiasme et transparence, les clefs de son succès :
Une jeune femme courageuse !

Une jeune femme courageuse !

Si Lisa a toujours voulu devenir entrepreneuse, à huit ans déjà, elle fabriquait des bijoux pour les revendre aux copines de sa mère et achetait les matériaux les moins chers afin d’accroître sa marge. « J’avais remarqué que lorsque je les faisais à la chaîne, je mettais moins de temps à les fabriquer. Je crois que cela a toujours fait partie de moi. », elle ne cache rien des difficultés qu’elle rencontre à être chef d’entreprise. Comme elle a pu l’évoquer dans un post de son blog sur le bien-être en entreprise et lors de notre entretien « Le management c’est un vrai challenge. C’est quelque chose qu’on apprendra jamais complètement, ce n’est vraiment pas simple. J’aimerais être meilleure là-dedans. Il faut beaucoup de bon sens et être à l’écoute. »


Lisa souligne plusieurs fois lors de cet après-midi qu’elle a beaucoup d’amis et de collaborateurs sur lesquels elle s’est appuyé pour trouver des conseils. Peu de bloggeuses françaises ont atteint son niveau de succès et l’entreprenariat n’est pas un chemin tracé. Elle aurait bien aimé avoir un mentor mais l’occasion ne s’est jamais présentée. Comme tout le monde, elle a des moments de doute mais elle sait qu’il faut savoir les mettre de côté pour avancer. « Tu y vas, tu avances. J’essaie de ne pas avoir trop de doutes car sinon ça me paralyse. Si je réfléchis trop, je ne fais pas grand-chose. »


Une véritable pro !

Après tout, Lisa Gachet est une pro. Nous nous en apercevons vite pendant le shooting, elle joue avec notre photographe, connaît les pauses qui lui vont le mieux, réussit à donner sa petite touche à ses tenues. Elle se décrit comme impatiente en nous racontant le dernier shooting photo qu’elle a fait, mais reste patiente avec nous et rayonne toute l’après-midi.


Nous savons bien que Lisa est débordée. Nous nous sommes adaptés avec bonne humeur à son emploi du temps pour ce shooting et lorsque nous lui demandons si elle arrive à garder un équilibre entre sa vie pro et perso, elle nous répond qu’elle n’y arrive pas encore mais qu’elle essaie. Depuis qu’elle s’est mise au sport, elle se lève de meilleure humeur et se trouve plus dynamique. A notre grande surprise, elle évite au maximum de travailler le week-end, bien qu’elle n’y arrive toujours pas. Elle est bien consciente que cet équilibre est difficile à trouver. « J’ai lu une interview d’un mec qui disait qu’on ne pouvait choisir que trois choses sur quatre : la forme, avoir une vie sociale, une famille ou un business rentable. Et cela m’avait complètement déprimé. ».


Une véritable pro !
Du gratuit au payant...

Du gratuit au payant...

Avec Wear Lemonade, sa marque de vêtements, Lisa est passée d’un contenu 100% gratuit à un contenu payant. En rendant possible à ses lectrices d’acheter aussi bien les vêtements de ses collections que les patrons pour les réaliser soi-même, Lisa a changé de business model. L’étape ne fut pas aussi compliquée qu’on aurait pu le penser. « Le lectorat a compris que ce qu’on propose c’est un vrai boulot et préfère que l’on crée un contenu de qualité, quitte à jouer le jeu de la rémunération, plutôt que de se faire sponsoriser dans tous les sens. Je suis de ceux qui disent que tout travail mérite salaire. »


En créant sa marque, Lisa revient à ses premiers amours, le stylisme. Souvent inspirée par une époque ou une actrice, Wear Lemonade lui permet de s’exercer à son activité préférée : raconter une histoire. La prochaine collection (début 2017) est inspirée par une de ses meilleures amies. « Je fais des vêtements que j’ai envie de porter et en général cela fonctionne bien au studio. Je regarde ce que les filles ont envie de mettre, ce qu’elles portent. C’est plutôt une inspiration quotidienne. Ce sont les femmes du quotidien. ». Elle nous confie que ce qu’elle préfère par-dessus tout, c’est d’imaginer les vêtements et les collections, d’aller jusqu’au shooting, de voir les résultats.


Lisa nous explique qu’elle prend très au sérieux la fabrication de ses vêtements. Elle se déplace tous les trimestres dans ses usines, rencontre très régulièrement ses fournisseurs et prête grande attention aux conditions de travail des ouvriers. Elle a plusieurs usines, en Europe exclusivement : au Portugal, en Macédoine, en Roumanie. « C’est important de voir la fabrication pour pouvoir en parler et se sentir légitime ». Bien consciente que notre génération a été élevée avec Zara et autres H&M, qu’une robe à 99 € est vite considérée chère, elle veut proposer des vêtements au juste prix. Encore une fois, tout travail mérite salaire…


Des projets pleins la tête...

Quand on lui parle de réussite, Lisa reste modeste. Elle ne se dit pas souvent qu’elle est fière de ce qu’elle a accompli. « C’est tellement fragile. A tout instant tout peut s’arrêter. » Elle nous donne d’ailleurs l’exemple de Take Eat Easy, l’entreprise française de livraison de repas, que personne n’aurait imaginé aujourd’hui en redressement judiciaire. « Le secteur est trop concurrentiel, même si tu as du succès, tu n’es jamais à l’abri qu’une levée de fonds ne marche pas, d’être en procès avec une marque qui a trouvé des similitudes. Beaucoup de choses peuvent faire que ta boîte ferme rapidement. Tant qu’on est une start-up et qu’on n’est pas une grosse entreprise pérenne, c’est instable. Mais c’est aussi ce qui est excitant. Rien n’est jamais acquis. »


Du coup, Lisa ne se repose pas sur ses acquis. Elle fête les petites victoires avec son équipe, le temps d’un restaurant ou d’un apéro. Mais cela reste toujours de courte durée, on vous avait prévenu ; Lisa est une fille occupée.


Des projets pleins la tête...