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À LA RENCONTRE DES FONDATEURS DE NORTH HILL...


Pour ce nouveau Smart Talk, nous quittons nos bureaux du 10ème arrondissement de Paris direction le 18ème. Ce quartier est celui où est née North Hill, jeune marque de mode fondée en 2014 par trois amis : Zihad, Michael et Christophe (de gauche à droite sur les portraits ci-dessous). Après le lycée, ils viennent tous trois s’installer à Paris pour leurs études. Les rues des quartiers du nord de la ville deviennent une source d’inspiration majeure. Il en nait North Hill, une marque de streetwear pour homme. Au-delà du fait d’être inspirés par les rues de Paris, les vêtements de la maison ont la particularité d’être fabriqués dans des ateliers parisiens. Malgré un emploi du temps extrêmement chargé, ils nous reçoivent dans leur atelier bondé, en plein période de livraison de leurs vêtements. Au milieu des cartons, ils reviennent sur l’histoire de North Hill, leurs débuts tâtonnants dans le monde de la mode, leurs inspirations et nous expliquent le challenge que représente la fabrication à Paris pour une jeune marque de mode.
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L’Exception : Bonjour Zihad, Michael et Christophe. Est ce que vous pourriez vous présenter rapidement pour commencer ?

Christophe : Je m’appelle Christophe, j’ai 26 ans et chez North Hill, je m’occupe de la direction artistique et du développement produit.
Michael : Moi c’est Michael, j’ai 26 ans et je m’occupe de la mise en production et de la partie administrative.
Zihad : Et moi c’est Zihad, j’ai 26 ans aussi et je m’occupe de toute la partie commerciale, opérationnelle, relations presse, web et atelier car on fait aussi de la production pour d’autres entités.


Vous ne veniez pas de la mode au départ. D’où vous est venue l’envie de créer votre propre marque de vêtements ?

C : Au départ, on a créé une première marque de vêtements avec Michael. C’était en fait plus un collectif, une bande de potes. On faisait des t-shirts, on tenait un blog de musique et on faisait un peu d’événementiel. On s’est rendu compte que c’était sympa de faire des vêtements et que ça pouvait être viable commercialement. On a donc eu envie de créer une marque qui nous ressemble.
M : Les vêtements étaient aussi la meilleure manière de nous exprimer créativement et d’en vivre. Avant, on faisait plusieurs activités créatives mais qui ne nous rapportaient pas d’argent. Faire des vêtements c’est très concret : tu crées puis tu vends tes créations. C’était aussi plus envisageable d’en vivre que de produire de la musique ou des événements.
Z : On était aussi tous très attirés par l’entreprenariat et je pense que North Hill ne sera pas le seul projet qu’on lancera. C’est l’aventure entrepreneuriale en général qui nous plait. Le fait de lancer une structure, basée sur nos valeurs, et faire en sorte que ça fonctionne, c’est très intéressant.

En parlant de valeurs communes, la présentation de votre marque sur votre site est assez succincte. Comment résumeriez l’ADN de North Hill ?

C : L’idée est de créer une marque authentique, indépendante et contemporaine. L’aspect local est aussi très présent puisque nos vêtements sont fabriqués à Paris.
Z : Il y a aussi l’idée de créativité et d’originalité, que l’on transpose sur un vestiaire assez classique. Le résultat doit toujours être relativement facile à porter.


D’où vient le nom « North Hill » ?

M : On est tous les trois venus s’installer à Paris quand on avait environ 18 ans et on habitait tous dans le Nord de la ville. Ce sont des quartiers qui nous ont toujours beaucoup plu. C’est pourquoi on a voulu axer notre marque autour des quartiers multiculturels du Nord de Paris, là où nous vivions. Le nom de la marque fait référence à la butte Montmartre, la butte des artistes et de l’expression créative. C’est de là d’où vient le nom « North Hill » : la colline du Nord.

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Pourquoi le 18ème arrondissement vous inspire-t-il autant ?

M : On a tous des origines étrangères. Zihad a des origines égyptiennes, Christophe est né en Martinique, et j’ai des origines Burkinabé. C’est donc quelque chose qui nous plait de vivre dans des quartiers du Nord de Paris car ce sont des quartiers métissés, qui brassent une très grande diversité culturelle.
Z : Oui et puis dans le 18ème l’ambiance change complètement d’une rue à une autre. C’est une diversité culturelle mais aussi sociale. Tu passes des vendeurs à la sauvette de Barbès à l’ambiance folklorique de Montmartre, et ça en 3 minutes de marche. Je pense qu’il y a peu de villes au monde où autant de cultures cohabitent que dans le Nord de Paris.


Vous vous présentez comme une « équipe de jeunes autodidactes ». Vous n’avez en effet aucune formation dans la mode. Quel aspect a été le plus compliqué à appréhender lors de la création de la marque ?

Z : Quand on a commencé, on ne connaissait rien…On ne savait même pas que le cycle de la mode suppose de préparer ses collections un an à l’avance…. On a mis un moment à s’adapter aux codes du monde de la mode et à en comprendre le fonctionnement. Et malgré le fait qu’on soit parti de t-shirts imprimés et qu’on réalise maintenant des collections avec 70 références, on se considère encore comme des oustiders.
M : Sinon, c’est vraiment la production qui a été un enjeu pour nous. On fait produire à Paris et c’est très compliqué.

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"On a réalisé que, si nous voulions faire exactement les vêtements que nous imaginions et être libre créativement, il fallait que la production soit proche de nous."
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Comme vous le soulignez, une des caractéristiques de votre marque est le fait que vos vêtements soient fabriqués à Paris, ce qui représente un parti pris assez radical. Pourquoi avoir fait ce choix ?

M : Nous avons fait fabriquer notre toute première collection en Turquie et ça a été une catastrophe. Nous n’avions pas l’œil sur la production. Nous avons réalisé que, si nous voulions faire exactement les vêtements que nous imaginions, et être libre créativement, il fallait que la production soit proche de nous. Il fallait que nous collaborions avec des gens en qui nous ayons confiance et que nous pourrions aller voir souvent. C’est comme ça qu’on a commencé à fabriquer dans des ateliers parisiens. Aujourd’hui, on essaye de tout faire produire à Paris. À part certains t-shirts qui sont faits au Portugal, tout est fait ici.


Comment parvenez-vous à vendre à des prix abordables ?

Z : Faire produire au plus près de nous nous permet une grande maîtrise de notre chaine de production. La plupart des marques envoient un dessin à une usine qui s’occupe de réaliser le vêtement dans son entièreté, de la fabrication du tissu à l’envoie d’un produit fini, emballé, en passant par la teinture, la coupe, la personnalisation… À chacune des étapes, il y a non seulement des coûts, mais aussi les marges que prend l’usine. Dans notre cas, il y a une partie des étapes qui sont internalisées et notre implication dans la supervision du processus de production permet de retirer des intermédiaires et donc de diminuer les coûts de fabrication. Nous nous adressons à chaque étape à un atelier différent, cela est plus complexe mais cela permet de réduire les marges prises par une usine qui ferait tout pour nous à partir d’un dessin.
M : D’autre part, quand on connait son produit, on sait combien il vaut. Nous faisons le choix de le vendre à un prix rationnel, mais nous pourrions le vendre deux fois plus cher, en considération de la qualité de nos vêtements qui est bien supérieure à beaucoup de choses que l’on voit sur le marché. Mais c’est aussi notre choix que de vendre à des prix abordables.

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Cela part-il aussi d’une volonté de faire de la mode d’une manière plus éthique ?

M : Pour moi, nous avons à cœur de respecter des règles d’éthique, mais nous ne nous sommes pas dit, au départ, que nous allions fonder une marque de mode éthique. Nous sommes des personnes engagées. Il y a beaucoup de choses que l’on se refuse à faire. Par exemple, beaucoup de marques brûlent leurs invendus ou les pièces qui ne sont pas terminées. C’est inconcevable pour nous. Mais en soi on ne s’est pas dit qu’on allait se lancer dans une démarche éthique.
Z : C’est exactement ça. Quand on y réfléchit a posteriori, on peut se dire qu’effectivement, nous sommes une marque éthique, mais ça n’était pas prémédité, cela nous est venu naturellement.


Qu’est-ce qui vous inspire, en dehors de la rue ?

M : On s’inspire à chaque collection de mouvements artistiques différents. On aime beaucoup les affiches de rue, les médias visuels. Pour la collection AW17 (NDRL, automne hiver 2017), on s’est inspiré de posters des Black Panthers, après ça il y a eu les flyers que donnent les marabous dans la rue en SS18 (NDLR, printemps été 2018). SS19 c’était des affiches de métro déchirées. On est inspiré par l’art de la vie quotidienne.

Comment travaillez-vous ensemble au développement d’une collection ?

M : C’est Christophe qui s’occupe de la direction artistique de la marque. On fixe ensemble des lignes directrices mais ensuite on lui fait confiance pour le design des vêtements.
C : Oui, je propose des moods boards et ensuite on discute ensemble de ce qui nous plait ou pas, et pourquoi. On se met d’accord sur le thème phare de la prochaine collection. On regarde aussi comment les dernières ventes se sont passées, les produits qui ont marché. C’est important de le préciser parce que je ne sais pas si tant de jeunes marques que ça le font. On n’oublie pas l’aspect commercial et on souhaite quand même s’assurer que nos vêtements continueront à se vendre. À partir de tout ça, je développe un plan de collection.


Votre mode est très streetwear mais aussi minimaliste et créative, avec un vrai travail sur les proportions, les couleurs, les détails. Quelles sont vos envies concernant la direction artistique de la marque ?

C : Je pense qu’on a surtout envie de faire des vêtements qui nous ressemblent. C’est peut-être prétentieux, mais on s’est vite rendu compte que nos goûts pouvaient parler à beaucoup de monde. On ne révolutionne pas la mode, mais on crée des vêtements originaux et portables.
M : Je pense qu’on peut ressentir aussi le fait qu’on n’ait pas fait d’école de mode. On fait simplement les vêtements qu’on a envie de porter, sans partir dans des délires créatifs. On respecte les codes du prêt-à-porter, tout en essayant quand même de proposer des vêtements uniques.


Il y a aussi un coté uniforme avec des hauts et des bas assortis, des pièces inspirées de vêtements de travail, notamment des gilets. C’est quelque chose autour duquel vous avez travaillé ?

C : Le vêtement de travail est évidemment quelque chose qui nous inspire. C’est le vêtement de rue ultime parce qu’il se porte au travail mais aussi en dehors. C’est un vêtement 100% utile et durable. En ce qui concerne le côté uniforme, c’est plus une envie de créer des tenues entières parce que ça donne des looks assez forts.

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"Le vêtement de travail est évidemment quelque chose qui nous inspire. C’est le vêtement de rue ultime parce qu’il se porte au travail mais aussi en dehors. C’est un vêtement 100% utile et durable."
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De nombreux rappeurs, notamment Orelsan, Roméo Elvis ou encore Sopico, portent vos vêtements dans leurs clips et dans les médias. Au-delà de la visibilité que cela vous apporte, créer des ponts entre la mode et la musique est quelque chose que vous recherchez ?

Z : En vérité non. On a une énorme charge de travail, du coup on développe encore peu de collaborations. On est très concentré sur ce qu’on fait et on est plus contacté par l’extérieur que l’inverse. Après, c’est quelque chose qui nous plait forcément parce que la musique est un milieu duquel on se sent proche, c’est quelque chose qui anime notre quotidien. On aimerait créer plus de liens à l’avenir.
C : Oui, parce qu’au départ c’est la musique qui nous a amené à faire de la mode. On était un blog de musique qui faisait du merchandising. On aime la musique et les musiciens. Du coup, c’est certain qu’on aimerait travailler plus en profondeur avec certains artistes. On aimerait bien collaborer avec des musiciens sur le design de certaines pièces par exemple. Mais pour l’instant on manque de temps pour le faire.


Mais vous travaillez avec d’autres marques, des festivals et des labels de musique comme la 75e Session. Que faites-vous pour eux ?

Z : On s’occupe de la production de merchandising textile. Faire produire à Paris peut être assez compliqué et avec North Hill on a acquis des connaissances et on s’est constitué un réseau de partenaires solides. On propose donc ce service à d’autres marques, des festivals et des labels.
M : D’autre part, monter une marque coûte très cher. Donc sous-traiter notre savoir-faire nous permet de nous financer.

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Vous n’avez pas encore de boutique propre, uniquement un atelier au 18 rue Labat, dans le 18ème arrondissement. Ainsi, la marque est distribuée dans des magasins multi-marques. Comment les sélectionnez-vous et pourquoi avoir fait confiance à L’Exception pour accueillir la marque ?

Z : On essaye de trouver des magasins qui ont quelque chose de spécial et un assortiment de marque qui est en adéquation avec la nôtre. Après on n’est pas trop pointilleux non plus. En général, si la relation avec le store se passe bien, on accepte d’y être distribué, sauf à ce que la sélection du magasin soit complètement étrangère à notre image.
C : Concernant L’Exception, j’avais rencontré Régis Pennel (NDLR, le fondateur de L’Exception) il y a longtemps. J’étais stagiaire dans un magazine qui s’appelle WAD et Régis organisait des conférences sur la mode. J’ai assisté à l’une d’elles et c’est comme ça que je l’ai rencontré. L’Exception est resté dans un coin de ma tête et quand le moment est venu, nous avons contacté Régis. Puis un jour, il est venu à notre showroom pendant la fashion week et a passé sa première commande pour L’Exception.


Quels sont vos projets à venir ?

Z : On aimerait bien changer d’atelier et ouvrir soit un magasin, soit déménager dans un atelier plus grand, dans lequel on pourrait recevoir et vendre. Au début dans cet atelier on avait l’habitude, tous les jeudi, d’inviter tous nos amis, et les amis d’amis, à venir y passer un moment. Aujourd’hui ce n’est plus possible car il n’y a plus suffisamment de place. On aimerait bien que notre atelier redevienne un lieu de rencontre, où les gens nouent des liens et où des idées de collaboration naissent.

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Get to know North Hill

Vos premiers souvenirs mode ?

Z : Les fringues oversize des clips début 2000 et aller rue Saint-Denis acheter des t-shirts chez Ekirok.
C : Les polos Nike de Roger Federer et les fanny packs Lacoste.
M : Vers 12-13 ans je faisais des t-shirt pour mes potes à l’école. J’achetais des t-shirts à 2euros , je les floquais et je les vendais 10 euros. J’étais super fier.

Vos musiques du moment ?

Z : On partage nos sons de la semaine tous les lundi en story sur @northhillparis.

Vos films préférés ?

Z : Impossible de choisir mais Moonlight est l’une de mes plus grosses claques de ces dernières années.
M : Le parrain.
C : N’importe quel film des frères Coen.

Le cadeau que vous aimez offrir ?

Z : Des vêtements North Hill !

De bonnes adresses à recommander à nos lecteurs ?

C : Le disquaire du marché Dauphine, aux puces de Saint-Ouen.
Z : Le Bellerive, au 71 quai de la Seine.

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Découvrez la collection North Hill chez L’Exception.

Photographe : Louise Reinke
Interview : Benjamin Benvenuti
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